{Atelier d’écriture}Séjour idyllique


Me voici de retour aux ateliers d’écritures de Leiloona. Ça fait un moment que je n’ai plus participé, mais je suis bien décidée à m’y remettre sérieusement. Bonne lecture à tous, j’espère que le texte vous plaira.

© Julien Ribot

© Julien Ribot

Ce soir, enfin, je vais pouvoir agir. Qu’est-ce que j’attendais ce moment ! Je surveille la maison depuis une semaine et je connais les habitudes de ses habitants sur le bout des doigts. Ils travaillent tous les deux de nuit, ils seront donc déjà partis à mon arrivée. Tout est programmé pour que je réussisse ce casse et que je puisse décrocher. C’est le dernier avant de m’envoler faire le tour du monde et mener une vie plus que confortable. Quand je les vois tous les deux, lui rouler en Porsche et, elle en Ferrari, je me réjouis du butin à récolter. Ça sent le pognon à plein nez. Même si je devrais partager la mise avec mon pote Nanard, qui m’attend dans la camionnette, je sais que je vais toucher le pactole.

Tout se passe comme prévu, j’entre par l’arrière, la lucarne de l’atelier est ouverte. C’est trop facile, j’ai l’impression qu’ils n’ont peur de rien. Toute la semaine, ils sont partis travailler avec la fenêtre béante et ce soir c’est encore le cas. Ils se croient à l’abri de tout parce qu’ils habitent un quartier calme. Il faut vraiment tout leur apprendre, j’espère que le fait de se retrouver dépouillés leur servira de leçon.

Une fois entré, je débranche l’alarme qui se trouve sur le mur contre la porte qui mène au séjour. Rien de bien compliqué, je ne compte plus le nombre de sonneries coupées. Un tour de clé à l’accès au jardin et je peux charger les gros appareils dans la camionnette sans stress. Ce chemin qui longe leur verger est tellement pratique. Je sens l’adrénaline monter et je songe à la difficulté que j’aurais à me séparer de cette vie.

Une fois l’essentiel sorti, je retourne dans l’atelier à la recherche d’objets de valeurs. J’ai l’habitude d’inspecter toutes les pièces, car on ne sait jamais ce que l’on peut y trouver.

Que se passe-t-il ? J’entends des pas. Je ne comprends pas, lui ne rentre pas avant deux bonnes heures, et elle doit arriver encore plus tard.

C’est la première fois que je suis dérangé, j’ai dû faire un mauvais calcul. La porte de l’atelier s’ouvre, je peux plus bouger. Je reste planqué dans un coin en attendant impatiemment qu’il me laisse sortir. Je le vois ! C’est lui ! Mais que fait-il ici à une telle heure ? Il devrait travailler. Ho non ! Il allume. Il va me griller ! Je suis pris au piège ! La panique me gagne, j’attrape le tournevis qui se trouve sur l’établi et saisi d’un extrême accès de rage, je lui plante, avec violence, dans le cou et il s’effondre.

Les sirènes de police retentissent, je suis pétrifié, je n’ai pas le temps de m’enfuir et j’ai peut-être tué un homme. Je suis fini ! Pourquoi me suis-je obstiné à réaliser ce dernier cambriolage ? Je peux tirer un trait sur mon séjour idyllique. Voilà, ce que c’est d’en vouloir toujours plus et de ne pas se satisfaire de ce qu’on a déjà.

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16 commentaires pour {Atelier d’écriture}Séjour idyllique

  1. Albertine dit :

    Oh, je n’aurais pas imaginé un usage aussi violent pour les outils présents sur la photo !

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  2. Josette dit :

    l’alarme était relié ! hi hi…
    Moralité bien mal acquit ne profite jamais ;-)))

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  3. titine75 dit :

    Voilà un dernier casse qui finit bien mal…

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  4. Stephie dit :

    Ah ben quelle chute 😉

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  5. Ah ouais je me demandais qu’est ce que ce voleur va donc faire des outils et je ne m’attendais pas à ce tel dénouement !
    Pas mal !

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  6. Leiloona dit :

    Eh ben, là aussi, quelle chute ! Bouh, bye bye le paradis …

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  7. Vudemeslunettes dit :

    Oooh mais quelle violence !!
    En tout cas, j’aime beaucoup la « moralité » de ton texte … c’est tellement vrai …

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  8. blogadrienne dit :

    la naïve Adrienne croyait que ce casseur, en voyant ces beaux outils, trouverait sa vocation… elle ne s’imaginait pas que ce serait une vocation de tueur 😉

    Aimé par 1 personne

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